Publié dans : Chansons aux paumes
Samedi 21 novembre 2009

Mon prince,

Je ne me fendrai plus

De l’élégance d’une révérence

Je m’en suis repu

Et dans mes rêves l’errance

Des vagabonds tempête

Écume leur rage sur mes côtes

Jusqu’à engloutir mon être

Dites-moi à qui la faute ?

            Mon prince.

 

Mon prince,

Je ne feindrai plus rien

Pas même le respect, connard

Le laid ronge mon sein

L’horreur, la folie ont leur part

Ma raison s’émiette

Accuse en moi la lâcheté

Jusqu’à engourdir ma tête

Vide-moi de ma monstruosité

            Mon prince

 

Mon prince,

Je porte ce couteau

Dans l’espoir de vous saigner

Bientôt planté au dos

Dans votre sang me baigner

Que ce rire m’embête

Mon seigneur je suis sérieux

Et mes coups s’entêtent

Dites-moi d’abord monsieur,

            Qui a posté ce judas à votre porte ?

 

Mon prince,

Voici votre dernière couronne

Et vos nouvelles terres

J’ai astiqué votre trône

Et je compte bien m’y plaire.

 

 

19.11.2009


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Publié dans : Pensées dans un jardin d'orties
Vendredi 20 novembre 2009

8

Clameurs, beuglements, glapissements, grands cris.

On fait tant et tant de bruit pour se sentir exister. On gigote, on tient à faire entendre notre voix. Et au beau milieu de notre mascarade, le muet fait de grands signes, de grands gestes, mimant sa chanson à qui veut bien la voir.

On devrait faire plus attention aux handicaps des autres, car le muet s'escrime et s'escrime à nous retenir, souhaitant nous voir tourner la tête et dévisager (?) ses mains.

D'ailleurs si l'on y regarde de plus près, il est tellement las qu'il ne fait plus garde à ses gestes. Ainsi son orthographe dérape en des signes aisément identifiables, le majeur dressé et les autres doigts assis dans sa paume.

Est-ce un incident ou ce signe corrosif est là : bel et bien destiné à nous signifier ce que l'on devrait exprimer plus souvent au milieu des clameurs, beuglements, glapissements de nos débats animaux.

Seule certitude quand à son geste, le muet, lui aussi, préfèrerait parfois être sourd.

Je m'en retourne à la ménagerie humaine. Je vous ferai signe quand je serai las.

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Publié dans : Pensées dans un jardin d'orties
Mardi 17 novembre 2009

7

C'est avec une grande témérité que l'on affronte parfois les intempéries. Anorak, gant, moufle, parka, veste en cuir, capuche, gilet de sauvetage, et autres vêtements et instruments de grand choix. L'ustensile et la témérité donc.

Continuons.

Ignorer le chaos est sûrement l'une des meilleures solutions que l'on feint d'ignorer comme des petits Hitlers qui ne passeraient pas par le rayon salle de bain d'une grande surface suédoise (ou autre, mais la suédoise a des plans bien expliqués pour reconstituer ce que la couverture nous promet, ce qui fait toujours bon effet). Pourtant il faut bien qu'on l'admette - une fois au rayon luminaire - que cette idée est - admirez ce calembour pompeux qui ne me lasse pas - lumineuse ! Il faut ignorer tout cela. Passer outre dirait la loutre, fuck dirait le phoque, merde dirait la semelle. Je vous éclaire ?

Ignorer le chaos, faire l'autruche dirait Louis XVI.

Vous l'aurez compris ces publicités vantant le mérite du énième film à catastrophe de la machine hollywoodienne ont trouvé un écho particulier dans le chaos bien singulier qui s'illustre à longueur de pages de journaux, de chroniques web, de clochards bien réels, de convoyeur acheminant des fonds qui se font la malle et que tout le monde convoite.

Et oui. N'imaginez-vous pas également cette affiche au ton si accrocheur placardé prochainement affublé non plus d'une grande vague rasant New York mais bien notre bien belle capital qu'est Paris (mais cela peut marcher pour Bordeaux, Montpellier, Toulouse, Châteauroux, Versailles, Sainbt Brieuc, Philadelphie et la bien nommée Marseille)... Le tout affublé d'un logo bleu et rouge sentant bon l'identité nationale.

"2012
Nous étions prévenus"

Prévenu ou coupable ?


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Publié dans : Pensées dans un jardin d'orties
Lundi 16 novembre 2009

6

Mes amis faisaient des choses autrefois, et encore aujourd'hui aussi : mais je ne suis plus convié. Je les entends rire depuis les rapports que je reçois, entretenu parfois de leurs amitiés par des accolades quand je viens à temps dans les lieux où je ne suis pas invités.

Faut dire qu'ils ont placé un mouchard dans mon slip ce qui leur retire tout besoin de me savoir dans le secteur ou non. l'économie des invitations, l'économie de communication, l'économie des moyens. des nuls. des gros nuls obnubilés par ce qu'ils ne feront très certainement pas mais qui en débattent, à les entendre parler d'hier on se demande encore pourquoi ils sont là le lendemain. Ils ont tellement de plaisir à geindre, que les achever est tentant tellement ils se prennent pour des chevaux en bout de course... L'étalon claqué. Garde à Vous. Petits soldats d'une armée en déroute.

C'est sympa d'être amer, mais ça m'aterre un peu.

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Publié dans : Chansons aux paumes
Mercredi 11 novembre 2009
17 novembre 2004

Un enfant sur la photographie

Et pas celle d’une échographie

Plutôt dix ans après celle-ci

Un anonyme reconnu ici

Un enfant sur toutes les unes

Qui ne bâtira pas de fortune

Qui crève auprès de son père

Une balle, fuite de l’artère

 

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Pour mieux entreprendre

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Pour mieux comprendre

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Vous faudra-t-il toujours la légende

 

Un enfant sur la photographie

Et qu’importe sa géographie

Et qu’importe le coupable

Il nous tient tous pour responsables

Un enfant sur la photographie

Dans tous les esprits

Qui oublient au fur et à mesure

Qui acceptent la bavure

 

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Pour mieux entreprendre

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Pour mieux comprendre

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Vous faudra-t-il toujours la légende

 

Un enfant sur la photographie

Dix millions de gosses hors-champ

Qui seront bientôt hors vie

Et qui ne se laissent pas hors chant

Et qu’importe leur âge

Et qu’importe leur âge

A partir de quand est-il autorisé

Avec ou sans cliché d’être tué…

 

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Pour mieux entreprendre

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Pour mieux comprendre

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Vous faudra-t-il toujours la légende

 

Un enfant à côté de moi

La légende : il est de toi

Prête-le-moi, je ne te le rendrai pas

Et ne pleure pas comme ça…

 

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Pour mieux entreprendre

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Pour mieux comprendre

            Vous faudra-t-il toujours la légende

            Vous faudra-t-il toujours la légende


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