Si le ciel aigri dégrise ma mémoire
De tous mes beaux souvenirs ce soir :
Je pense pouvoir saigner sans plaie
Si la vie se dénude de tous ses accessoires
Et me laisse voir ce qui de moi reste vrai
Je crois bien que je m’en irai à jamais
Sans hésiter en pleurant peut-être
Pathétiques sont nos moments extatiques
Alors le temps nous les trafique
Et le vent nous les pique
Je m’envole dans la honte
Je me branle sur les excuses
Si un jour j’arrive à la fonte
On fera de moi une écluse
Qui retient les flots naturels
Je pense pouvoir souffrir sans m’ouvrir
La haine vient s’achever en soupirs
Le bateau coule en moi
Le mousse me flotte aux yeux
Si après ça y a encore la foi
J’irai baisser les noms de Dieu
Pour qu’ils ne me parlent plus jamais
Et qu’ils vous ignorent pour toujours
Si le paradis pour moi s’inventait
C’est que les bateaux coulent chaque jour
Pillés de leurs trésors
Epaves dans ta gueule
Epaves dans ta gueule
Epaves
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